Collection Pives

La collection Les pives explore le potentiel du format court, avec des textes punchy et soignés, servis par un graphisme sériel.

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Manifeste de la pive

Inflammable, légère, décorative, la pive est un petit objet maniable et pointu. Sucré comme la pomme et moelleux comme le pain. Tombée pas loin de l’arbre, la pive se jette au visage du monde. Les auteur·e·x·s de pive sont un peu des pives. Iels pensent à tout mais ne l’écrivent pas. Une pive, ça flambe bien. Une pive, ça décore le rebord de la cheminée. C’est aussi du plus bel effet dans une coupe à fruits.

Qu’y a-t-il à un jet de pive ? La littérature. La pive n’est pas une nouvelle, parce que – point. La pive est toute seule, au milieu d’autres pives. Telle est la pive.

Pive. – (Helv.) Pomme de pin.

… elle descendait l’escalier, un escalier de béton, pas de bois, du béton armé couleur chair, sans tapis,
comme on en trouve dans les garages et sur lequel les pas résonnent.

De toute manière, Maman disait toujours qu’elle ferait comme Médée : elle finirait par buter ses enfants, puis elle irait se pendre après dans la forêt.

– Please, read me some French.
Je le regarde, pas couché, pas assis, avachi sur trois matelas posés les uns sur les autres.

Les Waris d’Amazonie et les Korowai de Papouasie mangeaient leurs morts à souper : père, mère, frère, enfant, tout.
Ces tribus ont survécu jusqu’à nos jours…

La nuit du 24 août de l’an 79, les habitants de Pompéi sont réveillés par un grondement sourd.
C’est le Vésuve qui leur fait son wake-up call.

Comme M. de Buffon, permettez-moi de mettre des manchettes.
C’est que je vais parler du cochon.

Il n’y a pas 36’000 manières d’électrocuter une éléphante, comme on le verra, film à l’appui.
Notre méthode ne se prétend ni exclusive ni originale.

Au port, la nuit tombe précipitamment.
Au port, on ne vit qu’un moment.

Moi, Lina, allongée sur ce lit qui est devenu le mien, je te contemple longuement et te souris.
Quelque chose en toi a changé…

– Veux-tu être mon amoureux ?
– Je t’aime.
– Certes, mais veux-tu être mon amoureux ?

Madame, Maîtresse de maison, recevant fréquemment, et jalouse de varier les plaisirs de vos convives, vous voulez bien me demander de vous aider dans cette tâche.

La nuit tombe quand j’arrive à la Grébille. Avec mon bonnet enfoncé jusqu’aux yeux et mes gants noirs, j’ai l’impression d’être une cambrioleuse en repérage.

Le téléphone sonne. Elle répond. Elle est laide, mais elle a une voix magnifique.
La voix de la femme de notre vie.

Le jour filtre entre les planches et l’homme s’éveille.
Il s’extrait difficilement du drap, les membres endoloris, le dos noueux.

Quand la vie qu’on a vécue n’a pas été quelconque, un moment vient où, malgré soi, pour ainsi dire, on se voit forcé d’écrire ses mémoires. Ce moment arrive pour moi.

Objets flottants. Des vestes de sauvetage, deux jaunes et une rouge.
La moitié d’une toilette fracturée. Une radio portative. Des débris non identifiés. Une bouée.

… près du soir délicatement
les corps se sont retirés humides changés …

Il est ouvrier depuis l’autre jour, très fier de cette dignité nouvelle, très émerveillé de se voir à la tête de dix-huit francs par semaine, pour commencer.

Hey, tchô ! Désolée, je vous embrasse pas, je suis malade… mentale !
P.S. : J’ai le droit de faire ce gag parce que c’est vrai.

« La craie crisse sur l’ardoise noire. Nouveauté dès aujourd’hui, tartare frais de la région. »

Louise Nault attend l’aube, immobile. Elle ne sait plus depuis combien de temps ses yeux se perdent, par la fenêtre opaque du salon.

Oui, c’est bien ce monde incroyable, révoltant. Dans les trains et les bus vides du dimanche après-midi, une escouade de quasi-policiers sans assermentation…

La cuisine est d’un blanc resplendissant.
Quel dommage de devoir la salir en y travaillant.